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HORMONES BIO-IDENTIQUES
Hormones Bio-Identiques - wie sie in Frankreich meist üblich sind
Apprenons à les connaître...
Hormone: ce mot inquiète, voire terrorise! pour de nombreuses femmes il incarne le cancer, la prise de poids...D'où lui vient cette mauvaise réputation? Préjugés? Idées reçues? Polémique médiatique? S'il faut préciser une chose, c'est qu'il y a hormone et ...hormone.
Nos hormones sexuelles
Ne confondons pas "les hormones médicaments" issues de la chimie, avec les hormones que notre organisme fabrique, des petites molécules sécrétées le plus souvent par des glandes, qui passent dans le sang et rejoignent des organes cibles. Synthétisées par l'ovaire, le placenta et la corticosurrénale, on les appelle estrogènes et progestatifs. Ce sont des hormones naturelles qui participent à notre équilibre quotidien de femme. Plus que l'ovaire, l'organe sécréteur est en réalité le système follicule-corps jaune qui évolue avec l'âge. Sur les 300 000 follicules existants chez la femme à 20 ans, il n'en reste que 10 000 aux alentours de 40 ans. Un bref résumé du rôle de ces hormones permettra de mieux comprendre les désagréments liés à l'arrêt du fonctionnement de l'ovaire.
Les estrogènes
Les plus importants se nomment 17 béta estradiol, estrone et estriol. Ils ont un rôle essentiel dans le développement des caractères sexuels de la femme. En période d'activité génitale, l'ovaire produit la majorité des estrogènes en première partie de cycle ce qui favorise la maturation du follicule et de l'ovule. A la ménopause, le tissu adipeux (notre graisse) en devient la source principale. L'action physiologique des estrogènes sur la sphère génitale concerne l'utérus, le vagin, la glande mammaire et sur la sphère extragénitale s'exerce sur l'hypophyse, la température, le métabolisme du calcium, des lipides et des glucides. L'estradiol est nécessaire au sein, à l'utérus et au vagin (qui s'atrophient en son absence), il règle aussi l'hydratation et la souplesse de notre peau et diminuerait... le taux de cholestérol.
Les progestatifs...pas seulement pour la gestation
Le principal est la progestérone sécrétée en très faible quantité en début de cycle (l'essentiel de sa production se faisant alors par la corticosurrénale). Son origine ovarienne devient prépondérante dans la phase préovulatoire et en seconde partie de cycle. Elle favorise la "préparation du nid" et le développement de "l'oeuf fécondé". Elle empêche les androgènes (testostérone) d'avoir une action virilisante au niveau de la peau, des glandes sébacées (qui fabriquent le sébum) des poils et des cheveux tout en conservant l'action de ces hormones sur les muscles et les os. Les effets physiologiques de la progestérone sont intimement liés à ceux des estrogènes (soit agonistes, soit antagonistes): elle joue un rôle protecteur vis- à -vis du cancer du sein, s'oppose à l'augmentation de la perméabilité des vaisseaux provoquée par de fortes doses d'estrogènes et intervient également au niveau des centres de la faim, de la soif et de l'humeur.
Un chef d'orchestre: le cerveau
Ce noble organe n'est pas qu'un fichier de souvenirs et de connaissances. Il régule aussi l'appétit, le sommeil, la libido, les mouvements, les humeurs...et nos fonctions génitales. En période d'activité génitale, les fonctions ovariennes (sécrétion d'estrogènes...et de progestérone...)sont sous l'influence de l'hypophyse, elle-même sous contrôle de l'hypothalamus. L'hypothalamus cette petite glande "au nom barbare" située à la base du cerveau, ne régule pas seulement la faim, la soif, le sommeil et la température corporelle. Elle sécrète aussi une hormone la LH-RH qui stimule la sécrètion par l'hypophyse de deux hormones: La FSH (folliculostimulating hormone) stimulant la croissance des follicules ovariens et la LH (lutéinostimulating hormone) déclenchant l'ovulation et stimulant les sécrétions du corps jaune. A la ménopause cette sécrétion cyclique s'arrête, il ne reste plus qu'une sécrétion résiduelle d'estrogènes et de progestérone par les corticosurrénales et les ovaires.
Zoom sur les règles: que se passe-il à chaque cycle menstruel ?? (Luda, les taux de progestérone 1 autre fois)
Comment comprendre et définir la ménopause, sans expliquer préalablement le mécanisme des règles?
A la naissance, nos ovaires possèdent un stock de plusieurs milliers de follicules renfermant des cellules au repos, les ovocytes, qui deviendront les futurs ovules. La jeune fille que nous devenons à la puberté se transforme: la pilosité apparaît, les seins se développent...et nous entrons en période d'activité génitale: nous sommes capables de procréer.
Sous l'influence d'hormones fabriquées par l'hypophyse (voir + haut) un phénoméne cyclique démarre. Tous les 28 jours en moyenne, apparaissent les règles qui correspondent, en l'absence de fécondation, à la desquamation de notre muqueuse utérine. Le premier jour des règles correspond au 1e jour du cycle.
Au niveau cérébral, le cerveau (voir + haut) produit des hormones stuimulantes avec un pic très élevé au milieu du cycle.
Au niveau ovarien, la phase folliculaire (première partie du cycle) corespond à la maturation d'un seul des follicules en stock dans les ovaires. Ce follicule se met à grossir sous l'effet des stimulations cérébrales et sécréte alors des estrogènes en quantité de plus en plus importante. FSH (2-13); LH (2-10) milli UI/ml
Estradiol (20-200) picogrammes/ml
En milieu de cycle, le follicule mûr dit, follicule de DE Graff, se déchire et libère l'ovule; c'est l'ovulation. FSH (6-25); LH (18-85) mUI/ml Estradiol (150-700) pg/ml
En seconde partie de cycle ( phase lutéinique ou lutéale), le follicule dégénère en corps jaune. Les estrogènes continuent à être sécrétés mais le corps jaune commence aussi à sécréter de la progestérone dont le rôle est de préparer la muqueuse utérine à recevoir l'oeuf. L'ovule expulsé de l'ovaire pénètre dans les trompes où il progresse en trois ou quatre jours vers la cavité utérine. S'il est fécondé par un spermatozoïde au cours de ce trajet, il s'implante dans la cavité utérine et une grossessecommence. FSH (2-9 ); LH (0,5-11); Estradiol (120-270)
En l'absence de fécondation, les taux de progestérone et d'estrogènes chutent, la muqueuse de l'utérus desquame. Les règles correspondent à un mélange de substances provenant du décollement et de la chute de la muqueuse utérine. On les définit comme l'écoulement sanguin de la menstruation.
Les hormones "prescrites en France" pour la ménopause THS
L'hormone (médicament) est dite "naturelle"si elle est identique à l'hormone sécrétée "naturellement" par l'organisme humain. C'est le cas de l'estrogène le plus prescrit: le 17 béta estradiol. Bien que synthétisée chimiquement, cette molécule est dite "naturelle". De même la progestérone dite "naturelle" est la plus prescrite. Plutôt que "naturelle", je préfèrerais "bio identique"mais...on ne m'a pas consultée...je plaisante!
Par contre il est important de souligner qu'aux Etats-Unis on prescrit plus souvent une molécule de synhèse: MPA (medroxyprogestérone).
Le THS: un mot pour un éventail de traitements. On appelle Traitement Hormonal Substitutif (THS): le traitement qui consiste à donner à l'organisme les deux hormones que les ovaires ne fabriquent plus.
Le traitement consiste en l'administration d'estrogènes sous couverture progestative au moins dix jours par mois pour éviter les risques de pathologie mammaire, de cancer de l'utérus ou de maladies thromboemboliques.
Les estrogènes: Ils se présentent sous forme orale (comprimés), cutanée (gels, timbres ou patchs) et nasal (pulvérisateur). On préfèrera les estrogènes "naturels" aux dérivés de synthèse qui suscitent des risques métaboliques et vasculaires notablement plus importants
On préfèrera la voie percutanée qui permet de réduire les effets indésirables des estrogènes sur l'athérosclérose et la thrombogénèse par rapport à la voie orale.
L'estradiol naturel en est le principe actif commun qu'il s'agisse de gels percutanés (Estréva, Oestrodose, Oestrogel, Delidose) ou de dispositifs transdermiques qui selon la spécialité libèrentde 25 à 100 microgrammes/24h) et s'appliquent 1 fois ou deux par semaine, 3 semaines/4 (Thaïs, Thaïs sept, Vivelledot, Climara, Dermestril, Estraderm TTS, Estrapatch, Femsept, Ménorest, Oesclim, Systen)
Le gel s'applique sur peau propre, jamais sur les seins, le visage ou les muqueuses on se lave les mains après l'application.
Le patch se colle sur une zone cutanée sans pli du tronc (bas du dos, région lombaire, abdomen...) mais pas sur les seins. On évite les bains trop chauds.
(juste pour info: la voie orale est représentée par l'estradiol naturel: 1 à 2 mg/j (Estreva, Estrofem, Oromone, Progynova, Provames); par l'estriol: (Physiogine) et les dérivés conjugués équins (Prémarin).
La voie nasale: l'estradiol naturel (Aerobiol) 1 dose dans chaque narine soit 300 microgrammes/24h.
La voie vaginale utilise l'estriol (Physiogine, Trophicrème).
Les progestatifs: se présentent uniquement sous forme orale (sauf utrogestan ovule).
En préménopause, le traitement substitutif consiste en la prise d'un progestatif seul dix jours par mois du 16e au 25e jour du cycle.
En ménopause confirmée: le progestatif est administré les 12 à 14 derniers jours du traitement estrogène.
On préfèrera les dérivés naturels qui occasionnent peu d'effets indésirables et sont contre-indiqués seulement dans le cas ou la fonction hépatique (foie) est gravement altérèe. Attention, la prise de progestérone doit se faire le soir au coucher par risque de somnolence et de vertige pendant les 3 heures qui la suivent.
Progestérone naturelle (Utrogestan, Ménaelle)
dydrogestérone (Duphaston).
Les dérivés de Synthèse sont contre-indiqués en cas d'antécédents thromboemboliques, d'hémorragies génitales et la prudence est recommandée en présence d'antécédents d'infarctus, de maladies cérébrovasculaires, d'hypertention artérielle et de diabète (Colprone, Gestoral, Lutenyl, Luteran, Lutionex, Surgestone).
Pour info(Avant la ménopause: Indication du lutenyl ou du lutéran par exemple; anomalie de la durée du cycle(oligomenorrhée, polymenorrhée, spanioménorrhée); hémorragies génitales (metrorragies, menorragies) incluant celles liées aux fibromes; manifestations précédents ou accompagnant les règles (dysmenorrhées, syndrome prémenstruel, mastodynies cycliques).
Pour le duphaston, mêmes indications + endométriose + stérilité par insuffisance lutéale)
Les associations estroprogestatives: elles sont simples d'emploi. Elles combinent l'estrogène et le progestatif.
La forme orale (comprimés): Activelle, Angeliq, Duova, Kliogest, Naemis, Novonorm, Triséquens.
La forme patch: Femseptcombi
LA POLEMIQUE MEDIATIQUE...suite à WHI et MWS
Cette polémique médiatique a mis le THS au banc des accusés...entre autre... du"cancer du sein".
Elle ne s'est pas contentée de jeter un froid...de discréditer le "THS Français"...de déstabiliser le monde médical...de perturber les prescripteurs...plus grave, elle a complètement..."déboussolé" les femmes qui ne savent plus à quel saint se vouer et on les comprend...Qui veut vivre avec une épée de Damoclés au dessus de la tête?...le Spectre du cancer du sein? Il est temps de...remettre un peu les pendules...à l'heure!
WHI (Women's Health Initiative): étude américaine, lancée en 1997 réalisées avec des estrogènes équins associés à de l'acétate de médroxyprogestérone, des molécules non utilisées en France, sur des femmes âgées, souvent obèses et hypertendues...Comparons donc ce qui est comparable!...Quel crédit peut-on donner à ces études? D'ailleurs elles devaient se poursuivre jusqu'en 2005...et ont été interrompues en juillet 2002.
MWS (Million Women Study): vaste étude d'observation britanique...mais le grand nombre de participantes n'a pas permis un suivi individuel poussé et quand on sait...qu'une femme était considérée comme utilisatrice si elle utilisait un THS le jour de son inclusion dans le programme, même si ...elle l'arrêtait...le lendemain...! Cette étude, pas plus qu'une autre ne donne de résultat sur la progestérone naturelle.
ESTHER et E3N: deux études épidémiologiques françaises de longue durée menées par l'INSERM qui ont remis en cause les résultats des études anglo-saxonnes. Elles ont en effet montré que la tolérance à long terme différait en fonction du type de molécules et de la voie d'administration utilisée. Une meilleure tolérance mammaire et thromboembolique est observée avec le THS associant des estrogènes par voie cutanée et de la progestérone "naturelle" micronisée.
L'étude cas-témoins ESTHER ne relevait pas d'augmentation du risque thromboembolique veineux avec les estrogènes administrés par voie cutanée (gel ou patch).
Dans l'étude E3N (plus de 100 000 femmes volontaires, 54584 femmes françaises ménopausées qui n'avaient jamais eu recours au THS avant l'entrée dans l'étude; durée de suivi:5,8 ans)), il n'était pas observé d'augmentation du risque de cancer du sein avec les THS associant estrogènes cutanés et progestérone naturelle micronisée. Les résultats E3N:
Par définition, les femmes non utilisatrices de THS ont un risque relatif (RR=1)
Estrogène seul: pas d'augmentation du risque de cancer du sein (RR=1,1 non significatif)
Estrogènes + progestérone naturelle: pas d'augmentation du risque de cancer du sein (RR=0,9)
Estrogènes + progestatifs synthétiques (dérivés de la progestérone ou de la testostérone): augmentation du risque de cancer du sein de 40% (RR=1,4).
Il est indéniable que l'association Estrogènes + progestérone synthétique...sera à proscrire...et je vous laisse méditer également sur le premier cas...pas de THS.
A l'occasion de ses 25e Journées (Paris, 24 au 26 nov 2005), l'Association Française pour l'Etude de la Ménopause (AFEM) a invité le grand public à se joindre à une table ronde intitulée "Le traitement hormonal substitutif à l'heure actuelle". L'AFEM réaffirme l'utilité du THS: ce traitement reste le plus simple, le plus efficace et le moins onéreux en prévention de l'ostéoporose.
LE THS: POUR QUI? COMMENT?
La décision de commencer un THS se prend en concertation avec votre médecin ou votre gynécologue. Le traitement doit être bien accepté, bien compris et bien toléré pour être efficace.
Le THS peut vous être prescrit (après un bilan gynécologique complet).
SI vous ne présentez pas de contre-indications (antécédents de cancer du sein ou de l'utérus, antécédents de thromboses et d'embolies, hypertension artérielle, fibrome, diabète, insuffisance hépatique ou rénale).
SI vous avez des symptômes gênants ou sans symptômes si vous présentez un risque de fractures osseuses et que vous ne supportez pas les autres traitements indiqués dans la prévention de l'ostéoporose.
Tout simplement si vous souhaitez améliorer votre qualité de vie par une imprégnation hormonale harmonieuse.
Une surveillance du THS s'avère absolument indispensable:
- un examen génital et mammaire tous les 6 mois.
- un frottis tous les ans.
- une mammographie et un bilan lipidique et glucidique tous les 3 ans.

